Samedi dernier, vous avez tous entendus dans les média, que l’Arménie et la Turquie
avaient signés un protocole d’accord sur leur rapprochement.
Protocole qui doit être ratifié par les deux parlements pour être
valable ;
Hors c’est loin d’être le cas, car se rapprochement décidé par les gouvernants est loin de
faire l’unanimité dans les classes politiques de tous bords, et dans la population des deux pays.
Car au delà de voir cette rancœur entre les deux nations s’apaiser, c’est toute une région
qui va indirectement se voir bouleverser, par le jeu des alliances. Mais aussi et indirectement la non reconnaissance d’un fait gravissime de l’histoire qu’a subit un peuple.
Ce fait c’est le Génocide Arménien, la Région c’est le Caucase.
Alors je vais essayer le plus simplement, de vous donner les clefs pour
comprendre ce fait historique et l’importance stratégique qui s’avère être le Caucase. Les pays concernés directement ou indirectement Turquie,
Russie, Iran, Irak, Arménie, Azerbaïdjan
Les enjeux, outre la reconnaissance des nations et des faits ce sont aujourd'hui
l'importance de l’eau du pétrole,et du gaz et leurs moyens d’acheminement.
Mais bien sur il faut remonter dans le temps !!!! Oh pas trop rassurez vous !
Néanmoins vous allez comprendre une chose édifiante, et pourquoi je prône toujours
aujourd’hui une très grande prudence sur les frontières artificielles, et les transferts de populations inconsidérés.
La genèse de cette histoire remonte a la fin de l’empire ottoman, et a sa
déliquescence.
C’est le 24 avril 1915 qu’une vague d’arrestation s’abat sur les élites arméniennes
d’Istanbul,
Les autorités par la voix du Ittihad , le parti nationaliste au pouvoir à l’époque et qui
signifie unité et progrès affiche des velléités modernisatrices, mais invoque également un complot arménien destiné a affaiblir l’empire.
En guerre depuis six mois avec les puissances de l’Entente (France, Grande-Bretagne et
Russie)
En effet, dans un empire en proie à un déclin continu depuis plusieurs décennies, qui
accumule défaites et perte territoriale, en particulier au profit de la Russie, les arméniens font figure de cinquième colonne. Sur le front Oriental et dans les régions a forte population
arménienne les ottomans subissent une cuisante défaite face à l’armée Russe.
La purification ethnique de l’Anatolie par la déportation des populations semble s’être
concrétisée début janvier 1915 par les dirigeants Jeunes-Turcs au pouvoir. A la fin janvier alors que leurs communauté est l’objet d’accusation de trahison au profit des alliés et plus
particulièrement de la Russie, les soldats arméniens sont désarmés et affectés a des bataillons chargés de travaux de terrassement, ou des milliers
d’hommes périssent suites au mauvais traitements, au manque d’eau et des conditions climatiques dans les régions désertiques ou ils ont été
envoyé.
Après les militaires, les civils, début avril, c’est la communauté arménienne de Cilicie
qui est déporté.
Quelque jours plus tard et suite a l’avancé des troupes russes, c’est la communauté de Van
qui se soulève et résiste jusqu’aux 16 mai avec l’arrivé des russes et intègrent leurs rangs.
C’est le prétexte qu’attendent les Jeunes –Turcs au pouvoir pour déclencher pire qu’en
1894-1896 sous le règne du sultan Abdulhamind II, la Purification de l’Anatolie commence et c’est razzia, incendies, massacres, viols et tortures qui sont perpétrés par les mercenaires et nomade
Kurdes et Tchétchènes, mais aussi par les gendarmes ottomans et les soldats des troupes régulières le gouvernement Ottoman ordonne alors le déplacement des populations .
Entre 1915 et 1916 se sont selon les chiffres officiels des autorités ottomanes 1.200.000
personnes qui auraient été < victime des conséquences malheureuse d’un processus d’évacuation mal maitrisé>
Selon le Patriarcat de l’Eglise Arménienne
se sont 2.100.000 Arméniens qui ont été victime du premier génocide du siècle.
Toujours Récusé !!!
Les diplomates étrangers en poste à l’époque et témoins des massacres, ont privilégié
l’alliance Ottomane, la première guerre Mondiale, le génocide passera aux yeux des opinions publics occidentales au second rang.
En 1923 le Traité de Lausanne fixe les frontières de la nouvelle Turquie dirigée par Kémal
Atatürk. En Union Soviétique, où la République socialiste soviétique d’Arménie donne l’illusion d’un foyer national arménien, les autorités imposent
un silence pesant. Le régime Kémaliste se refuse a toutes démarches critiques interdisant l’accès aux archives et récusant le terme de Génocide considérant avoir traité humainement les transferts
de populations.
Cet accord signé samedi, est donc lourd de conséquence pour la communauté internationale
arménienne, car cela donnerai raison de manière implicite aux thèses Turcs sur une évacuation mal maitrisé, et rangerait définitivement la
reconnaissance du génocide aux calanques grecques, mais pire encore elle serait la conséquence d’un retournement d’alliance dans le Caucase vis-à-vis de l’Azerbaïdjan et la reconnaissance de fait
que la province du haut Karabakh azérie mais peuplé d’une écrasante majorité d’arménien serait purement et simplement laissé a l’Arménie a titre de
compensation implicite.
Azerbaïdjan
C’est un pays du Caucase qui est Turcophone, et qui faisait parti intégrante de l’empire
Ottoman, la victoire russe est confirmé par le traité de Turkmenchaï en 1828 intégré à l’empire et ensuite à l’union soviétique, Bakou la capitale devient la première ville pétrolière
du Monde, la ville se transforme rapidement en métropole industrielle et commerciale dominé par une bourgeoisie arménienne expérimenté, entreprenante et dynamique, et les azérie sont marginalisé
et deviennent un sous-prolétariat pauvre.la république d’Azerbaïdjan, née le 27 avril 1920
Au lieu stratégique les Azérie qui tous au long de leurs existences ont été ballotés par
les différents empires grecs, perses, chrétiens mogols abbasides, ottomans, russes à un véritable problème d’identité culturel même si il se rapproche plus des Turcs. Et c’est le conflit du haut
Karabakh à la fin des années 1980 qui va faire renaitre le nationalisme azéri.
Fin 1987, à la faveur de la perestroïka, les arméniens de la région autonome du haut
Karabakh exigent leur rattachement à l’Arménie, tandis que de nombreux azéris fuient l’Arménie. Fin février 1988, un pogrom anti- arménien, premier d’une série se déroule prés de
Bakou.
Moscou hésite, et les autorités de Bakou son incapable de maitriser la radicalisation mené
par le front populaire d’Azerbaïdjan.
L’indépendance en 1991 ouvre une période de turbulences politiques le cinquième du
territoire du pays est occupé et la province du Nagornyi-karabaks est sous total contrôle de l’armée arménienne.
En 1994 ce sont des accords de cessez le feu qui sont signé
En 1993 le président G.Alliev est élu et est toujours en place à ce jour, et depuis Bakou
tente de préserver ses amitiés Turcs, occidentales, et avec son ancienne nation de tutelle….
Voila pourquoi cet accord risque de modifier la donne, et hélas risque peut être de
rallumer dans cette région délicate des tensions, sachant que des problème existes entre la Turquie et les différentes mouvances Kurdes, que le Nord de l’Iran est aussi instable, que la
Tchétchénie est comme la Géorgie ou l’Irak voisin Immédiat et proche.
Certains verrons ce soir le match du foot-ball entre la Turquie et l'Arménie comme un
signe de Paix, d'autre au contraire comme le moyen de reveiller les vieilles rancoeurs et horreurs du passé...
Si vous lisez cet article, il vous permettr je l'espère de mieux comprendre
J’espère ne pas avoir était trop fastidieux.
Manet